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La Bretagne, ses plages sauvages, son eau à 18° et son climat capricieux : la destination de rêve ? Et pourquoi pas.

J’ai mis longtemps avant de savoir vraiment ce que j’attendais de mes vacances d’été. Cette période sensée provoquer une coupure radicale dans ma routine quotidienne. Depuis mes 20 ans, je m’accommodais très bien du sud de la France, des plages bondées qui longent la méditérranée. Barcelone et sa réputation sulfureuse de ville festive remplie de jeunes en chaleur représentait à mes yeux le lieu idéal pour me dépayser. C’est peut être parce qu’à l’âge de 16 ans, j’ai passé l’une des meilleures vacances de mon existence à Barcarès, près de Perpignan, telles qu’on peut se le représenter à cette période de la vie : feu de camp sur la plage même si c’était totalement interdit, rencontres inattendues d’autres jeunes qui partageaient les mêmes goûts et les mêmes valeurs, vie en communauté qu’on aurait voulu ne jamais voir terminer, découverte de toute une palette de personnalités, mais pile poil le temps de se connaître et de s’aimer, juste avant de réaliser nos vrais défauts et de retomber dans le monde réel, soirées au bord de mer sous un soleil couchant, rencontres d’un soir qu’on aurait été incapable de reconnaître en plein jour, le tout sur fond de guitare folk jouée par des Hollandais à demi-éméchés.

En composant mon propre parcours, en faisant abstraction du climat, je me suis rendu compte que je ne recherchais pas le soleil, ni l’ambiance vacances à la plage

Forcément, mon inconscient a toujours cherché à retrouver cet univers un brin utopique. Seulement voilà, entre-temps j’ai un peu vieilli et fini par comprendre que tout ça faisait partie d’une époque révolue. Avec le temps, le vécu et l’immersion dans ce « merveilleux » monde qu’est celui des adultes responsables, on finit par avoir le sentiment (stupide) qu’il n’y a plus grand chose qui nous impressionne. En même temps, je ne veux pas non plus jouer les vieux cons, mais c’est vrai qu’à 30 ans passé, réussir à faire renaître les premiers émois, la fraîcheur et l’émerveillement de ses expériences de vie d’ado, c’est plutôt rare (ou alors il faut m’expliquer comment il faut faire). Il n’empêche.

Que ce soit à 15, 35 ou 50 ans, les vacances, on veut en garder de bon souvenirs. C’est bien le problème. Pour y arriver, on essaie de se renouveller, de bien s’entourer. Mais trop souvent on s’abandonne à la facilité, en s’offrant un séjour parfois packagé au possible par une compagnie qui fera payer le rêve au prix fort, et ce, sans garantie de vivre un moment (vraiment) magique. Et le discours bien léché de son commercial aux dents trop blanches n’y feront rien.

Dans mon imaginaire, le charme et le romantisme d’une nouvelle destination, ce sont les plaines à perte de vue de certains coins paumés d’Ecosse, enfouies dans un épais brouillard

Pendant longtemps, donc, je me suis contenté de suivre des chemins balisés avec un sentiment enfoui de frustration. Celui de ne pouvoir revivre ces moments éphémères d’antan qui m’avaient marqué d’une emprunte indélébile. Et puis il y a quelques années, je suis parti plusieurs jours en Pologne. L’anti-destination estivale par excellence, voire l’anti-destination tout court pour certains. Alors qu’en composant mon propre parcours, un peu à la roots, en faisant abstraction du climat, je me suis rendu compte que je ne recherchais pas le soleil, ni l’ambiance vacances à la plage – « c’est la fête à Ibiza à tout va » – , et encore moins l’hôtel tout confort, mais au contraire des lieux simples, inattendus, originaux, avec des gens vrais, où on peut s’enthousiasmer à courir comme des gamins pour traverser une forêt sous une pluie battante à la recherche d’un abri. Dans mon imaginaire, le charme et le romantisme d’une nouvelle destination, ce sont les plaines à perte de vue de certains coins paumés d’Ecosse, enfouies dans un épais brouillard, ou les aurores boréales d’Islande, les journées fraiches et interminables de 22h dans certains pays du nord de l’Europe. Il y a quelque chose de sombre, de beau et d’authentique dans tout ça.

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Parmi ces destinations, il y a la Bretagne. Ca tombe bien, c’est à 4h de Paris en voiture. Certains me regardent avec les yeux en soucoupe quand je leur annonce que je pars dans la région. D’autres adhèrent, c’est selon. Ce que j’aime, c’est que l’ambiance y est intimiste, un peu sauvage. Les plages sont peu fréquentées, moins opérationnelles pour le baigneur de base – il manque parfois des douches ou des bars à proximité – mais on a vraiment la sensation de se retrouver et de prendre ce recul nécessaire pour se ressourcer.

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Peu d’attrapes-touristes (il y en a quand même, forcément), restaurants gastronomiques à des prix dérisoires où tout parait simple et accessible. Pas de bousculade et surtout cette légère brise qui vous caresse le visage et personnellement, qui m’aide à faire le tri dans mes idées.

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Cette année, j’ai beaucoup fait les îles du Morbihan. En totale contradiction avec ce que je vous raconte depuis le début, je tenais à découvrir Belle-Ile-en-Mer, haut lieu du tourisme breton par excellence, avec ces agences qui rivalisent d’offres promotionnelles à vous embrouiller l’esprit. Mais même si cette île fait partie des « trucs à faire », elle préserve un paysage unique, sans vitrine colorée et bassement aguicheuse.

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Je ne me permettrai pas de la comparer à ces terres hors du temps que sont l’Islande, mais quand on se retrouve sur les côtes, aux bords des rochers, on a ce sentiment étrange de fouler un paysage lunaire (avec de l’eau). C’est très étendu, horizon à perte de vue, perte du sens de l’orientation, désertique, grisonnant, le vent souffle plus qu’à l’habitude et surtout, on ressent cette impression de profondeur et de vide juste sous nos pieds. Grisant.

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Photos : sequence4.com

 

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